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PARCOURS ARTISTIQUE DE SANDRINE ANGLADE, METTEURE EN SCÈNE

Théâtres, musiques et leurs résonances dans l’espace : depuis 1999, Sandrine Anglade privilégie, dans son travail artistique, les expériences et les rencontres autant que la diversité des moyens d’expressions. Elle aime profondément inventer ou réinventer des formes existantes à l’opéra et au théâtre, ou créer, de manière plus expérimentale, des objets scéniques inédits, dramaturgies ou modes d’expression pluriels.

Ses champs de prédilection sont le travail sur la langue, sa musicalité, embrassant un répertoire oublié revisité ou des écritures poétiques ou contemporaines, offrant de vivifiantes réflexions dramaturgiques. S’est dessiné au fil du temps un intérêt profond pour des textes questionnant le rapport de l’homme à sa quête de liberté, à sa conscience de soi et du monde.

Pour elle, depuis ses débuts, rien ne s’impose de l’extérieur, elle se documente, cherche et creuse pour faire jaillir un espace poétique intrinsèque à l’œuvre s’appuyant sur des rêveries partagées. Les collaborateurs (maîtrise d’œuvre artistique et interprètes) participent à une créativité qui s’invente dans le collectif. Hier Claude Chestier (scénographe menant une réflexion sur le rapport du théâtre au paysage) ou aujourd’hui Caty Olive (conceptrice d’espaces lumineux) sont des partenaires essentiels de ses créations pour inventer une dramaturgie de l’espace comme personnage à part entière. Le choix des distributions et le travail de direction d’acteurs se sont affirmés au fil du temps n’hésitant plus à jouer de la confrontation de registres de jeu qui se frottent, se complètent et s’équilibrent, tout comme la sonorité des timbres de voix, la rencontre de la mobilité des corps dans l’espace. La voix est un corps.

En amenant l’excellence musicale au théâtre, formant de jeunes instrumentistes ou en en invitant d’autres plus expérimentés à sortir de leur « zone de confort » (tels Atsuchi Sakaï, gambiste et chef assistant d’Emmanuelle Haïm ou Théo Ceccaldi, révélation Jazz 2017), Sandrine Anglade fédère des troupes inédites et propose pour les interprètes et les publics une curiosité à partager des aventures intellectuelles et artistiques généreuses.

Elle a ainsi trouvé dans son ultime travail sur La Tempête de Shakespeare, créé en octobre 2020 à Bayonne, dans la nouvelle traduction de Clément Camar-Mercier, un vrai terreau d’expression : comment faire un de la confluence des pensées, des registres de langues, de la confrontation entre rêve et réalité.

Ce cheminement où le collaboratif est au cœur de la création l’amène également ces dernières années à nourrir son travail de metteur en scène d’activités de transmission appréciant travailler avec des amateurs. En 2008, pour Le Voyage de Pinocchio (présenté à l’Opéra de Lille), elle a associé plus de 350 enfants des vingt villes de tournée. Dernièrement, en 2018, en Seine-Saint-Denis, avec le spectacle participatif et d’exigence professionnelle, Si même le sable chante..., elle a fédéré 40 choristes amateurs (de 13 à 77 ans) formés durant une année dans des ateliers. Ce travail autour de la voix et de ses résonances dans la nature a profondément nourri l’écriture de Jingle, commande de texte à Violaine Schwartz et d’écriture musicale à Théo Ceccaldi.

Prochainement, en avril 2022, en partenariat avec la Scène Nationale du Sud Aquitain, dans le prolongement de La Tempête, elle créera, avec 60 participants amateurs (collégiens, patients d’un hôpital de jour, candidats « spontanés ») 2022, L’étoffe de nos rêves en partenariat avec une toute jeune compagnie basque de danseurs et musiciens, Bilaka.

Cherchant autant dans la fragilité de l’intime que dans l’éclosion joyeuse du collectif, qu’il s’agisse d’apporter un éclairage nouveau aux œuvres lyriques de Britten, Berg ou Prokofiev, aux pièces de Marivaux, Molière, Corneille ou Shakespeare, d’adapter un récit de Pierre Michon ou d’embarquer soixante amateurs sur un plateau, le parcours artistique de Sandrine Anglade s’est développé dans la perspective d’un théâtre comme lieu du multiple, de la circulation collective du sens, de l’exploration tentaculaire et ouverte à la complexité du monde, dans un désir grandissant d’aventure à partager.